Administrer l’identité nationale, c’est évoquer et reconnaître sa pâle existence. Serait-elle tombée en désuétude
? Quels sont les critères quantitatifs et qualitatifs qui permettent de l’évaluer ? Puis de l’administrer.
Petite fille d’un Grand-père né autrichien, puis de nationalité italienne, mort européen, je revendique
l’impossibilité d’administrer l’identité nationale. L’identité nationale se vit au cours des évènements qui jalonnent notre vie.
Scruter le débat sur l’identité nationale sans prendre en compte la réalité européenne, c’est avoir une vision
réductrice de la nation. Je me souviens de la déclaration de Dominique de Villepin à l’ONU, faisant refuser la guerre en Irak avec ses mots « c’est un
vieux pays, la France, d’un vieux continent, comme le mien l’Europe»
Pourquoi faire l’amalgame de l’identité nationale avec le respect des symboles de notre République. Parler de
l’identité nationale, c’est relancer le débat sur l’immigration avec ses pires thèses et faire le jeu du front national. Evoquer le respect des symboles de notre République, c’est le devoir de
tout citoyen, qui appartient à un même Etat au sein d’une grande Nation.
Prenez donc connaissance du récent rapport de quatre Députés du Groupe UMP
(Jean-Philippe Maurer, Françoise Hostalier, Jacqueline Irles et Philippe Meunier), fait à la demande de leur Président de Groupe Jean-François Copé, qui
concluait sur la nécessité d’un observatoire national du respect des symboles de la république et d’énoncer in fine « Le respect des symboles de la
république est un devoir de tout citoyen, quelles que soient son histoire et ses origines géographiques»
Jean-François Copé s’est posé les bonnes questions au sein de son Groupe et si c’était lui qui pourrait faire remonter la côte de popularité de notre
Gouvernement ?
Par Anne PERRIN-LOUVRIER
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La valeur n’attend pas le nombre des
années, je suis jeune, il est vrai, mais aussi bien né. Pierre Corneille - Le CID. Cette tirade revêt encore toutes ses lettres de noblesse dans l’affaire Jean Sarkozy.
Sur le fond, c’est toujours, la même rengaine politique du déchirement, d’une situation occulte inconnue au grand
public avec des certitudes et des zones d’ombre et d’une presse tueuse toujours prête à diffuser tout et rien à la fois pour être à la UNE.
Sur la forme, pourquoi s’en prendre à un jeune, fils de son père certes, mais qui a reçu sa propre légitimité du
suffrage universel. Le tel déchainement provoqué par l’élection d’un candidat à la tête de l’EPAD, laisse présager peu de jeunes sur la constitution des futures listes aux élections régionales.
On peu s’interroger aussi sur la légitimité des cinquantenaires de la majorité présidentielle, qui briguent soient leur 2ème ou 3ème mandat et qui n’ont toujours pas fait
gagner leur camps et qui feront campagne sur leur expérience d’opposition au sein de l’Assemblée régionale. Expérience à faire fonctionner la machine à perdre, quand on analyse les malheureux
scores quelques années après. Les compétences acquises au sein de la majorité politique de Jean Sarkozy ne sont alors guère critiquables. Saluons son retrait avec panache. Peu d’élus en eût été
capable.
Espérons qu’en mars 2010, ce soit la première victoire de ces quinquas, et continuons de méditer Le Cid.
Par Anne PERRIN-LOUVRIER
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Monsieur Dominique de Villepin est poursuivi pour complicité de dénonciation calomnieuse et complicité d’usage de
faux et recel d’abus de confiance. Dimanche 25 octobre, l’ancien Garde des Sceaux, Robert BADINTER attendait avec impatience la définition d’un tel chef d’accusation que nous donnera le
verdict.
Pour condamner un prévenu, 3 éléments sont nécessaires, un élément légal (les faits doivent être punis par la
loi), un élément matériel (les faits doivent être constitués), un élément moral (le prévenu avait l’intention de commettre le délit). En l’espèce, il est reproché à Monsieur de Villepin de
«s’être rendu coupable du délit de dénonciation calomnieuse commis par MM Georgorin et Lahoud en donnant pour instruction d’entrer en relation avec le
juge Van Ruymbeke, aux fins de lui adresser des courriers qu’ils savaient faux ».
Il reste aujourd’hui aux juges le soin d’analyser la question du mensonge et du mensonge potentiel. Une attitude
équivoque qualifiée par le procureur Marin de complicité par omission.
Or, si même un ancien Ministre de la Justice, avocat de profession, doute de la qualification d’un tel chef
d’accusation, la raison du procès est loin d’être légitimée
Ce procès politique a donc peu de raison d’être.
Par Anne PERRIN-LOUVRIER
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Rapporter la preuve en droit français se fait par écrit (article 1315 et suivant du Code civil). Les carnets des
notes du Général RONDOT devraient être une formidable mine d’informations. La lecture de ces documents semble accabler l’ensemble des prévenus. Une règle de droit, des faits consignés par des
allégations par écrit qui rapportent une argumentation accusatrice. Il apparaissait dès lors facile de prédire l’issue des débats dès la semaine du 9 octobre.
Mais que nenni ! Puisque qu’on ne se croit pas dans une salle d’audience mais au théâtre, avec un retournement de
situation impulsé par les accusés ou leurs représentants; les diatribes se suivent, les discours solennels prennent le relais, les analyses de texte se succèdent, les représentants des parties
civiles jouent d’effets de manches. Cerise sur le gâteau, c’est le soldat RONDOT, qui lâche solennellement « Chaque fois DdeV prononce un discours,
je ne peux pas m’empêcher de l’écouter avec attention et d’être, je ne le cache pas, un peu ému… » On n’est plus au théâtre, nous voici transporté à l’ONU.
Alors, juristes, la preuve en droit français est-elle un principe inaliénable dans les faits ?
Voilà encore pourquoi, le procès politique n’a que peu de raisons d’être.
Par Anne PERRIN-LOUVRIER
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C’est l’histoire d’un tableau qui parle pour vous raconter tout ce qu’il voit et en profite aussi pour égrener ses
souvenirs. C’est le portrait de Betty de Rothschild qui raconte le quotidien de l’histoire avec les us et coutumes des grandes familles depuis le jour où Ingres l’a peinte en 1844 et ce jusqu’au
jour où elle quitta l’Ile de la Cité. Les premières pages sont longuettes avec la vie rue Laffitte, rue Saint Florentin, celle au Château de Ferrières, les soirées d’apparat avec les grandes
familles, les Noailles, les Rohan, les Caumont, les d’Harcourt, et pour ma part sans grand intérêt, beaucoup moins drôles que nos peoples. Mais Betty épouse James de Rothschild, mais née aussi de
Rothschild a tant à raconter, qu’il faut poursuivre la première partie soporifique.
Le regard sur la 2ème guerre mondiale et l’après guerre est passionnant, avec notamment la plongée dans le musée
du Jeu de Paume à Paris où avaient été entassées toutes les grandes collections sous les ordres de Goering. Le rôle discret de Rose Valland, attachée de conservation, la dernière française
autorisée en ces lieux qui un tient un fichier secret des œuvres dérobées dans un grand cahier. Puis le départ pour l’Allemagne vers les mines de sel de Steinberg, la richesse des
princes-archevêques de Salzbourg où furent cachés les tableaux perquisionnés. La fin de la guerre avec le retour en France des œuvres d’art et le rôle de la Commission de récupération des œuvres
d’arts. Le retour à la maison Rothschild avec d’autres départs vers d’autres cimaises, Betty n’y perd pas pour autant sa jeunesse et scrute alors tous les comportements snob des visiteurs de
musée. Au départ de l’hôtel Lambert, sis 2, rue Saint Louis-en-l’Ile, une question est posée par notre portrait.
Ce qu’il y a encore de Rothschild chez les
Rothschild ? Il y est dit la prudence, le secret professionnel, le sens du devoir, la volonté de ne pas répondre aux provocations antisémites… Et au dessus de tout, la famille et d’ajouter, à l’inverse des tribus de la noblesse obsédées par l’idée qu’après elles les maisons n’existeront peut-être plus. Une belle leçon de
sagesse et d’humilité à méditer.
Le portrait - de Pierre ASSOULINE
Par Anne PERRIN-LOUVRIER
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