Une tête de rat et de lapin, gages d'autorisation de vente de vins en Chine
La vente du siècle en 2009 organisée par la célèbre maison d'enchères Christie's qui avait disséminé la magnifique collection privée d'Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé avait créé une polémique. Les autorités chinoises avaient réclamé deux rares têtes de lapin et de rat, bronzes du 18ème siècle provenant du palais d'été de Pékin. Avant de séjourner dans le salon de musique de la rue Bonaparte, de nos deux collectionneurs, surplombés par une paire de tableaux de PAJOU, ces deux bronzes avaient appartenu à Misa et José Maria SERT.(Cf p 118 Les Paradis secrets d'YSL et PB). Mais bien avant, Victor HUGO dans une lettre en 1861, répondant à un capitaine britanique s'insugeait contre ce pillage franco-anglais "j'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée". Aucun acquéreur n'avait osé s'approprier ces deux chefs d'oeuvre. M PINAULT, le propriétaire de Christie's avait succombé à cet achat, la vente terminée. Ses affaires ne se limitant pas à l'art, Christie's affichait son ambition de pouvoir vendre du vin aux connaisseurs de l'empire du milieu. C'était sans compter sur la pugnacité de la Chine. Les deux célèbres bronzes viennent d'être rapportés et offerts à la Chine par M PINAULT, qui en contrepartie a obtenu le feu vert pour Christie's de vendre des bijoux, de l'art contemporain et du vin. On va devoir s'attendre à la vente de précieux flacons.