Le beau n'est pas pour faire joli, ainsi restera pour toujours Monsieur de Givenchy
Hubert de Givenchy a tiré sa révérence, souvent il aimait à répéter dans ses interviews. " La vie est comme un livre, il faut savoir tourner les pages". Toute sa vie, il le fit avec talent, lui l'esthète du beau. Il avait l'art de la simplification qui avec quelques coups de ciseaux s'appelle simplicité. Le juste vrai dans un sillage d'une effluve de "l'Interdit", qui confiait un nez au creux d'un cou.
Si notre premier regard envole son style dans une robe, au détour d'un pli se déploie la vue de Jonchet, au fond d'un Val, entouré de champs de blé doré, de colza jaune moutarde et de lin bleu. Cette maison du XVII restera pour ma part, l'expression infinie de son talent poétique. Qui mieux que lui a su marier deux géants de l'art moderne. Le cerf de Pompon regarde la Colombe de Giacometti au fronton de la cheminée. Le mariage de la force et de la fragilité, aussi spectaculaire et sûr qu'un premier pas de danse, en partance à la rencontre de l'autre. Tendre vers l'essentiel, comme remercier un Dieu de l'amour pour toute nouvelle journée qui commence.
Il avait invité Christiane de Nicolay a y pénétrer "sur la pointe des pieds" pour son beau livre de "l'Esprit des lieux ". Ce soir, les amoureuses du style Givenchy, referment la porte avec Elle en récitant Maurice Genevoix ....
" Ils peuvent maintenant s'abandonner à l'enchantement d'un soir d'été. La fine brume que la chaleur du jour faisait trembler à travers le Val semble s'être à présent dissipée. Mais elle persiste dans la transparence de l'air.". Extrait de la Lorelei