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Anne PERRIN-LOUVRIER

Le XXIème siècle au pouvoir

29 Septembre 2010 , Rédigé par Anne PERRIN-LOUVRIER Publié dans #A voir

L’exposition des œuvres de l’artiste MURAKAMI au Château de Versailles est un évènement qui n’en finit pas de faire couler de l’encre. Samedi dernier, on pouvait lire dans les colonnes du Figaro que l’Ambassade du Japon en France présentait ses excuses pour les désagréments occasionnés. Mais quels désagréments ? Dans un précédent article, j’avais défendu l’idée bienvenue de Versailles et l’art moderne, aux motifs que le passé doit éclairer le contemporain. Je persiste, n’en déplaise aux opposants, qui aujourd’hui se sont réunis sous la bannière de deux collectifs : « Versailles mon amour » et « Non aux mangas » et qui font circuler des pétitions sur leurs sites.

 

Cette exposition de mangas ne parasite pas le Château de Versailles. Elle s’inscrit en réalité dans son histoire pour plusieurs raisons. La première tient au fait qu’à Versailles, le style classique et baroque cohabite. Les constructeurs du château de Versailles ont été tributaires du style baroque, qui apparait au 17ème, avec son opulence et une nouvelle ouverture sur l’espace et la lumière. La deuxième raison réside dans le fait avéré que Louis XIV avait gardé une âme d’enfants, du fait d’une enfance perturbée sous la fronde. Or, les mangas sont dotés par essence d’un caractère puérile et infantile. La troisième raison est que le château de Versailles était avant tout un haut lieu des Pouvoirs. Alors faire la guerre au pouvoir du marché de l’art financier dans un tel lieu, n’est pas réaliste. Ce pouvoir existe, fait et défait les marchés. Il faut en prendre acte. Force est de constater que l’art financier se moque de produire des œuvres d’Art qui aient des qualités esthétiques Il faut aussi aujourd’hui en prendre acte. Le château de Versailles devient alors le lieu unique où se joue la réconciliation entre l’art contemporain et la logique du marché financier. C’est pour cela d’ailleurs que Jean-Jacques Aigaillon est resté aux commandes de cet édifice.

 

Et puis, qui n’a jamais ramassé une poupée Barbie ou des pièces de Légo ou une BD etc, sur du mobilier dit ancien ou dans une demeure connotée historique lève la main !

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