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Anne PERRIN-LOUVRIER

«Je m’adresse à des consciences humaines et non à des portefeuilles» Monseigneur Vingt-Trois

27 Mai 2011 , Rédigé par Anne PERRIN-LOUVRIER Publié dans #Politique

Le Président des Evêques a toujours fait preuve de discrétion et quand il convoque une conférence de presse, c’est que le message est important. Il s’agit du projet de loi bioéthique, qui certes a toujours divisé les parlementaires, mais là on touche à des questions d’une certaine conception de l’être humain, proche des thèses extrémistes portées par des pouvoirs totalitaires.

 

Que se passe t-il ? Le Sénat vient de modifier profondément l’article 9 du projet de loi. Ainsi, il est préconisé d’une part la levée de l’interdiction habituelle des recherches sur des embryons humains, sous la poussée des lobbyings économiques. Dans son communiqué de presse, Monseigneur Vingt-Trois s’oppose fermement à l’argumentation émanant des acteurs économiques de l’industrie médicale et pharmaceutique et de conclure «Je m’adresse à des consciences humaines, non à des portefeuilles». Si nous ne respectons pas l’embryon, comment peut-on respecter l’être humain dans ses différences.

 

Son coup de gueule venait aussi du fait que d’autre part, le Sénat préconise la systématisation du diagnostic prénatal qui nous conduirait à « une chasse au handicap », selon ses dires. L’Assemblée Nationale devrait être plus consensuelle en 2ème lecture en rappelant la possibilité d’une information claire, loyale et appropriée. Et le Président des évêques de s’étonner de ce qu’ «un Etat finance avec raison les rampes d’accès aux personnes handicapées, mais que ce même Etat fasse tout pour qu’ils ne viennent pas au Monde»

 

Quand à l’ouverture ouvrant l’assistance médicale à la procréation à tous les couples, elle ouvrirait la voie à celle des couples femmes.

 

Face à ces choix, chacun est libre de choisir, mais il n’appartient pas au législateur de gérer les choix en termes de permis ou de défendu. Je sais les choix que nous aurions pris avec mon époux confrontés à de telles questions. Ces choix appartiennent à chaque couple dans la plus grande liberté. Comment ne pas penser aussi à la si lumineuse Anne Dauphine JULLIAND qui nous conte dans son best seller de librairie « Ces petits pas sur le sable mouillé » son récit de mère dans l’épreuve de deux enfants handicapés. Elle qui nous dit qu’elle a fait sienne la leçon du Professeur Jean Bernard : «Ajouter de la vie au jour quand on ne peut plus ajouter de jours à la vie». A inscrire à l’Ordre du jour du Parlement.

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