Bruno Le Maire : un homme d’Etat
C’est tellement rare en politique, que les propos de Bruno Le Maire, prononcés dimanche dernier sur les ondes méritent d’être rapportés. A la question, pensez-vous être premier ministrable? Il a élégamment répondu «Personne ne peut être candidat à Matignon, ce n’est pas correct vis-à-vis du premier ministre en exercice. Ce n’est pas correct vis-à vis du président de la République». Être correct, c’est un comportement que l’on apprend à nos enfants à l’école, puis la correction se transforme en incorrection au fil des ans.
Cette déclaration revêt une signification toute particulière, lorsqu’on a lu son ouvrage «Des hommes d’Etat» publié chez Grasset (le journal intime du directeur de Cabinet de Dominique de Villepin, à l’époque des faits, Premier Ministre). Bruno Le Maire y écrit librement dans sa préface «On ne peut pas être acteur et historien de sa propre histoire: on peut juste témoigner, le plus honnêtement possible. Ici, chacun verra le pouvoir en face, sous des visages multiples…On peut donner des noms à ses convictions politiques : la justice, le refus de la pauvreté, la réconciliation, la paix. Il est infiniment plus difficile de démontrer les ressorts profonds de la quête du pouvoir. Avec ses notes, je me suis avancée dans la jungle des sentiments confus, parfois sincères, qui animent ces hommes d’Etat»
Voilà un homme d’Etat qui n’a pas changé de comportement sur la scène politique. C’est rare et c’est bien pour les électeurs et administrés.