Acceptabilité = Transparence
Pour ou contre le nucléaire, là n’est pas la question au moment où se déroule aujourd’hui sous nos yeux un accident catastrophique au Japon. On ne légifère pas dans l’urgence. Or, l’acceptabilité d’une politique n’est concevable que si elle est partagée par tous. Mais pour être concevable par tous, encore faut-il au préalable qu’elle soit transparente. C’est la vraie question autour de laquelle on devrait débattre. Les réunions d’experts qui se succèdent sans décision tranchée montrent l’absence de concertation préalable à toute transparence. Il semblerait que les enjeux économiques soient plus importants que notre sécurité. Je persiste, on ne légifère pas dans l’urgence.
Il faudrait peut-être s’inspirer de la synthèse du rapport atomique de François Roussely, Président d’Honneur d’EDF, sur « l’Avenir de la filière française du nucléaire civil » qui révélait dans ses conclusions que l’urgence, c’est de mettre la filière en ordre de bataille, et de rappeler qu’au niveau mondial, il n’existe pas de règles communes en matière de sécurité nucléaire. Comment l’homo sapiens landa peut-il se retrouver entre AREVA, GDF SEZ, l’ASN, l’IRSN, la SFEN, l’ANDRA etc.
«Le maintien d’une exigence haute de sûreté et de sécurité doit impérativement être décliné pour tous les acteurs de la filière nucléaire française. Le caractère universel de l’impératif de sûreté n’a toutefois pas, à ce jour, entraîné l’adoption de normes mondiales pour le nucléaire civil.
Les règles de sûreté sont actuellement définies au niveau de chaque Etat, contrairement à d’autres secteurs d’activité pour lesquels l’exigence de sécurité est aussi très importante (aéronautique, par exemple).La question du risque nucléaire acceptable, ou plus généralement du risque technologique acceptable, est un débat de société à part entière pour lequel la ou les
réponses à donner sont naturellement du rôle du Politique. Force est néanmoins de constater que la notion même de compétitivité du nucléaire et l’hétérogénéité des règles de sûreté selon les Etats renforcent l’actualité de ce débat et la nécessité de préciser certaines exigences de sûreté. La seule logique raisonnable ne peut pas être une croissance continue des exigences de sûreté. Dans ce contexte, il est proposé de lancer, sous la responsabilité de l’Etat, un groupe de travail dont la mission serait de formuler des propositions en vue d’associer au mieux exigences de sûreté et contraintes économiques, en incluant une vision internationale, a minima européenne.»
Au fait pourquoi, n’a-t-on publié qu’une synthèse de ce rapport ? Si vous êtes intéressé le rapport est consultable sur internet - Rapport de la documentation française. Dommage que François ROUSSELY, grand serviteur de l’Etat tout de même, ne soit pas invité à débattre sur nos antennes.