Qu'avons nous fait de l'Europe de la Méditerranée ?
J'avais fait un rêve, celui de construire "l'Europe de la Méditerranée". C'était un jour de printemps, lorsque l'idée a été lancée, pour la douceur d'un monde nouveau.
J'avais oublié qu'il existait des pays créés de toutes pièces par les anglais, puis passés sous protectorat italien, puis gouverné par un colonel dictateur. J'avais oublié le désert de Lybie, pourtant je me souvenais d'un désert du Sahara celui du "Patient anglais". Immensité où la guerre est si difficile à mener.
J'avais oublié une résolution de l'ONU en 2011, sollicitée par un President de la République française, légitimant l'intervention militaire de pays européens et arabes contre ce même pays. Avec cette guerre, on envoya des hommes au combat, des avions, des sous marins et une quantité d'armes dans le désert de Lybie. C'est toujours bon pour la balance commerciale. J'avais oublié lorsque l'on n'a plus rien maitrisé, on s'est tourné vers un militaire, dictateur, fou et on l'a assassiné. La chute de Kadhafi a livré le pays à l'armée de Daech. S'en est suivi un exil, avec un passage obligé sur la Méditerranée. Cette mer à partir de laquelle, on devait construire une Europe. C'était oublié, qu'elle était aussi meurtrière.
J'avais oublié que le désert est toujours aux mains de tribus, où le silence est aussi grand que son étendue, où la loi est celle du talion, loin de la démocratie de l'Europe. Celle qui devait passer le rempart des flots bleus.
Parce que ce soir, on rend un hommage national à un gendarme, Arnaud BELTRAME, mort sous les balles d'un membre de l'armée de Daech, qui est passé de l'autre côté de la Méditerranée, je ne voudrais pas oublier que Tony Blair a répondu de ses forfaitures avec la guerre en Irak, qu'une épouse d'un President de la République française s'était impliquée dans la libération d'infirmières bulgares détenues en Lybie et qu'elle est aujourd'hui silencieuse, que le mot honneur est avant tout un devoir à ne pas usiter comme une qualité qualificative.
Les événements de la semaine dernière sont des pièces d'un puzzle, qui auraient dû nous rafraîchir la mémoire, plutôt que de liker des inepties sur les réseaux sociaux. Puisse la future Europe construire une autre histoire, pour écrire un jour l'Europe de la Méditerranée.