Marcher avec Emmaüs, un sujet brûlant d'actualité pour s'indigner.
La France marche beaucoup en ces temps ci, toutefois pas autant que celles et ceux qui cheminent depuis la nuit des temps avec les disciples d'Emmaüs, tous les compagnons "cum panis" de l'abbé Pierre. Comment alors ne pas être indifférent au gros titre de notre journal local "Le Bien Public" - Un SDF de 47 ans, a été trouvé mort dans la rue. Et pas n'importe quelle rue, une des plus empruntées de la capitale de la Bourgogne, un jour de marché, un jour de 3ème dimanche suivant Pâques. Mais quelle coïncidence, comme si l'abbé Pierre venait nous rappeler notre devoir de servir les autres.
Souvenons nous de sa formidable croisade. Emmaüs est d'abord une maison, un refuge pour restituer à l'homme sa dignité. Comment peut-on encore alors mourir dans la rue, sans toit dans une nuit d'Avril où il a fait moins un ? Emmaüs, est aussi l'histoire d'un repas, mourir abandonné des siens, dans une cité de la gastronomie, devient un symbole de désinvolture, ne plus être attendu par l'autre pour partager un repas. Emmaüs, est enfin un cheminement où il convient de croiser l'espérance. Quelle aventure à bâtir.
Mais, aucune réaction sur les réseaux, aucun mot dans la rue, aucun communiqué d'un responsable d'exécutif politique ou représentant national...un fait divers bien banal. Ils sont où "Les Indignez-vous?". Il est où notre engagement ? Pour quel service ? Pour quelle dignité ? Serions nous donc devenus des égarés comme les deux disciples d'Emmaüs ? J'ai peine à le croire, mais je le crois bien.