Neuf mots : "une enfant, le 20 Avril 2016, à Paris 14ème"
Hier la France n'avait d'yeux que pour le débat qui réunissait 5 candidats qui briguent la plus haute fonction de l'Etat français. Pas un mot. Au conseil municipal de Dijon, on acte Dijon-Métropole qui rayonnera avec les 24 communes du Grand Dijon. Pas un mot . En commission des finances à Fontaine les Dijon, pas un mot. Le Président de la République est présent au lancement de la Cité de la Gastronomie dans la capitale des Ducs de Bourgogne. Toujours, pas un mot. Discussion avec des élus sérieux et responsables, toujours pas un mot.
Pourtant, ce jour, Place du Palais Royal à Paris comme tous les 21 mars, on égrenne le nom des 501 décès en France de personnes mortes dans la rue, sur un parking, dans le métro, une cage d'escalier, un abri de fortune..., parfois sans identité, tous les mois sont servis.
Il y a un an, jour pour jour, neuf mots : "une enfant, le 20 Avril 2016, à Paris 14ème". Pour 2016, souvenons nous, 11 mineurs dont 6 avaient moins de 5 ans.
Au delà du silence de l'indifférence, comment ne pas réciter Pablo Neruda " Si je meurs, survis-moi par tant de force pure que soient mis en fureur le froid et le livide...", pour s'aider à inscrire l'excuse des lâches dans un éternel combat. La France mérite des vrais mots en lieu et place de débiles débats, la France mérite des vrais combats qui portent des engagements, tels sont ceux qui fonderont toujours mon travail d'élue au quotidien, dans la joie de la simplicité mais avec l'intelligence requise.
Il fut un temps, où sur une autre place, place des Vosges, une voix tendre et engagée s'élevait, celle de Victor Hugo. Puissions nous l'année prochaine, entendre ces cris désespérés de la rue. Comme chaque année, pour un dernier hommage, j'écrirai quelques lignes, même dérangeantes puissent-elles être.