Michel Déon, le Jeune Homme Vert, s'en est allé
Celui qui occupait le fauteuil n°8 à l'Académie Française s'en est allé empruntant sa dernière "Montée du soir". Il aimait à rappeler que c'était son livre préféré. Cette montée du soir qui correspond à un instant de la vie que Jacques Guerlain a immortalisé dans son Heure Bleue, ni un coucher du soleil, ni le début de la nuit, un instant entre chien et loup chargé d'émotions.
Il faisait parti du courant des Hussards, avec son écriture concise au rythme enlevé. Mais je ne le lisais pas, que pour ce souffle là. Chaque titre de ses romans appelait à un voyage, " Je vous écris d'Italie, le Balcon de Spetsai, les rendez-vous de Patmos, un Parfum de Jasmin, un déjeuner de soleil, un Taxi mauve ...et surtout, par dessus tout, le jeune Homme vert et les Poneys sauvages, que je pourrais emporter sans me lasser sur une île déserte.
Son élégante allure intemporelle et son prodigieux regard sur le bonheur nous manquera, lui qui écrivait.. ..." nous allons vers un monde où il y a de moins en moins de Poneys sauvages"