Ce soir, je passe encore une nuit debout !
Comment ne pas être perplexe face au mouvement " La nuit debout" quand on connait les vraies difficultés et l'engagement sans faille des travailleurs de nuit notamment dans le secteur sanitaire et social. Pour être intervenue à l'IRTESS pour une prestation juridique " Sur le travail de nuit ", cette revendication de veilleurs la nuit pour tenter de sauver le droit des travailleurs fait fi du contact avec les réalités.
Que connaissent-ils de : - la peur physique du gardien de prison qui devra lutter contre le sommeil face à 3 voyous en cellule de sûreté, - la vie deconnectée de nombreuses femmes qui pour assurer la continuité du service public, se réveillent vers 13H00 et ne connaîtront plus jamais la douceur des nuits, - la vigilance du médecin urgentiste aux CHU ou dans les cliniques, - la bataille d'un travailleur de nuit dans un centre d'handicapés en pleine campagne pour l’obtention d'un fauteuil confortable, en proie aux difficultés financières de son établissement.
Et oui, c'est ça la vraie nuit debout et je pense à la rencontre avec mes stagiaires, ces vrais héros de notre vie moderne, qui à l'heure où j'ecris ces lignes doivent être déjà en poste.